Article dans l' Est Républicain ( 4/5 )

24 juillet 2014 - 07:08

Suite du dossier " Voyages halieuthiques " de L'est Républicain

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/07/24/et-le-swingueur-se-mit-a-danser

 

Millery. Fin de journée ensoleillée, ce vendredi. Rendez-vous est pris vers 18 heures, avec Nicolas Vandenberghe, 31 ans, carpiste averti (il pêche depuis l’âge de dix ans) de l’association de pêche du Toulois (AAPPMA). Objectif, sortir une belle carpe de l’eau avant qu’il fasse nuit noire (l’heure légale de pêche s’arrête une demi-heure après le coucher du soleil), « et ce n’est pas gagné », prévient le spécialiste.

C’est à Millery, en bord de Moselle sauvage – une des destinations reine pour cette pêche en France –, dans un décor bucolique, hautes herbes, hérons cendrés et un groupe de grenouilles tapageuses, que Nicolas a choisi de planter les cannes, « le plus grand talent dans la pêche à la carpe c’est de trouver le poisson… », sourit le jeune homme.

« Invitation à l’introspection et à la contemplation »

La carpe de rivière, ça se mérite ! Si cette pêche peut sembler « oisive », le montage des cannes et appâts durera près de deux heures. Les poissons seront attirés avec des « bouillettes » maison. Deux types de petites boulettes roulées pas Nicolas. Pour les becs salés ce sera bouillettes rouges : farine de crevette et arôme pêche, pour les becs sucrés bouillettes blanches : farines végétales, arôme coco !

Au bord de l’eau sont posés deux postes pour accueillir les cannes. Équipés de swingueurs, des instruments sensibles au montage préalablement lancé au fond de l’eau, qui à la moindre touche déclencheront une armada de bipeurs pour avertir qu’un poisson s’est piqué à l’hameçon.

Le matériel est enfin installé, les cannes déroulées. Vient l’attente. La carpe, poisson d’eau douce de la famille des cyprinidés vit dans les fonds vaseux de rivière et a la particularité de vivre la nuit. Aussi en attendant que le soleil ne daigne disparaître, c’est farniente, « invitation à l’introspection et à la contemplation », pour Nicolas.

Deux brèmes en guise de mise en bouche

Confortablement installés dans des « bed chairs », sorte de lits de camp de luxe, on cause montage de lignes, appâts et comportement carpien quand soudain « Bip, bip, bip, biiiiiiiiiiiiiip !!!!!!!», le swingueur d’une canne s’est mis à danser et déclenche une alarme à réveiller l’adrénaline du plus endormi des pêcheurs. Pas une seconde de répit. Il faut sauter de son transat pour se ruer vers la ligne, une touche est annoncée. La canne plie légèrement, « c’est sûrement une brème », annonce déçu le pêcheur.

Qu’importe, la brème sera une mise en bouche. Canne en main, il faut ferrer le poisson d’un coup sec, « pour ancrer l’hameçon », explique le spécialiste. Ensuite canne posée sur la cuisse droite, il faut « tanguer ». En clair tirer le poisson qui bataille vers soi doucement avant de redescendre la canne vers l’eau pour mouliner et remonter le fil vers soi.

Et ainsi de suite, à plusieurs reprises jusqu’à ce que le poisson soit à portée d’épuisette. Doucement, on l’extirpe de l’eau pour le poser délicatement sur un tapis de protection avant de lui retirer l’hameçon. Pas question pour cet adepte du No Kill - il ne tue jamais un poisson - de blesser cette jolie brème, vert bronze de deux kilos. Une photo souvenir, et déjà le poisson retourne à l’eau. Quelques instants plus tard, rebelote ! Autre brème, autre déception…

Alors que le vent s’est tu, la nuit tombe, une sonnerie vient déchirer le silence. Trois sons courts suivis d’un bip strident. Branle-bas de combat. Nicolas jaillit dans les herbes, « cette fois c’en est une ! ».

La canne plie bien plus fort qu’avec les brèmes précédentes et vient confirmer les attentes du pêcheur. Va y avoir du sport… Après quelques minutes de combat, c’est une belle carpe « miroir » tout en rondeurs, de 8-9 kilos qui vient clore la soirée. Le temps d’une photo souvenir, la petite plaie laissée par l’hameçon est désinfectée et hop retour à la vase !

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