La Carache met la senne en scène à l' étang du Censal à Haudonville

24 octobre 2014 - 09:20

Vieille de plus de 2.500 ans, la technique de pêche à la senne, filet rabattant le poisson, a été utilisée par les pêcheurs de la Carache lunévilloise pour récolter le poisson de l’étang du Censal. Une opération annuelle, mais qui n’a pu avoir lieu l’an dernier du fait d’eaux trop abondantes.

Pour préparer l’opération de samedi, il a fallu commencer par évacuer l’eau progressivement depuis deux semaines. Serge Berrini, en tant que chef d’orchestre de ce qui s’apparentait à un ballet tant aquatique que terrestre, était aussi le comptable de la récolte. « Dès le premier passage, nous avons pêché 1,5 tonne de poissons. Un poids qui sera multiplié par trois à la fin de la journée. De beaux brochets, du gardon, de la perche, des tanches de belle taille, et des carpes, elles aussi bien portantes. Uniquement des poissons autochtones, pas de silures, ni brèmes, ni poissons-chats. Nous les évacuons par camions équipés de bacs, dont certains oxygénés, pour les transporter et empoissonner les étangs et cours d’eau qui sont de ressort de la Carache. »

Véritable fourmilière, avec une cinquantaine d’ouvriers, et chacun son rôle, depuis l’eau troublée par les limons remués, jusqu’au retour des captures dans des eaux tranquilles, toute une chaîne. Il y a ceux qui ont enfilé les cuissardes, de l’eau parfois jusque sous les aisselles, halant lentement la senne gorgée de poissons remuants pour les ramener vers une sorte de nasse. Là, prélevés à la main ou avec trayattes, ils étaient triés par familles, pesés, et embarqués.

Lors de la seconde opération, les nageoires dorsales orangées de « la mémère » annonçaient que la doyenne était là. Une carpe de plus de 20 ans et d’un poids équivalent en kg a été chouchoutée. « Avant qu’elle ne retrouve cet étang, nous allons la mettre en pension car l’étang ne sera pas réalimenté en eau tout de suite. Nous allons le laisser en ‘’à sec’’ jusqu’en octobre prochain pour laisser retomber les vases », confie Serge Berrini, pas mécontent du temps superbe.

Commentaires